Réserve Naturelle Coussouls de Crau

 

Les oiseaux

Richesse et rareté

De nombreux oiseaux de Crau sont originaires des steppes d’Afrique du Nord ou de la Péninsule Ibérique. En France, seul le coussoul présente les mêmes conditions de vie. La Crau abrite par conséquent une grande part de l’effectif national de ces espèces, parfois la totalité de la population.
Sur les 479 espèces d’oiseaux connues en France, près de 300 sont observables en Crau. La richesse de cette communauté est liée à plusieurs facteurs :
- la persistance de milieux agricoles et pastoraux très extensifs, en particulier le coussoul et les prairies de fauche
- la diversité des milieux rencontrés en Crau (Crau sèche, Crau irriguée, Crau humide) et la juxtaposition de paysages de bocage et d’openfield
- la proximité avec la Camargue et les Alpilles, autres sites riches en oiseaux hébergeant des communautés très différentes (milieux humides, falaises)
- la position de la plaine en bordure du littoral sur les voies de migration.

Rollier d'Europe, Chouette chevêche, Traquet motteux et Huppe fasciée © N. Vincent-Martin - CEEP / F. Dhermain / F. Dhermain / G. Paulus - CEEP

 

crauPoussins d'oedicnèmes (mimétisme) © J. Boutin - CEEP

Les As du camouflage

Difficile de se cacher dans cette herbe rase, sans arbres, sans terriers. Une seule solution pour passer inaperçu : se fondre dans son environnement. Chez les oiseaux qui nichent au sol, les poussins sont particulièrement forts à ce petit jeu. Et ils y ont plutôt intérêt : incapables de voler pendant plusieurs semaines, la course ne leur serait d’aucun secours face à leurs prédateurs. Mieux vaut donc se plaquer au sol et faire confiance à son camouflage naturel. Et ça marche ! Outardes, gangas, oedicnèmes, vous pourrez passer à quelques centimètres sans les voir. Amis promeneurs, voici une bonne raison pour ne pas sortir des chemins.

Quelques espèces phares

Espèce emblématique, le Ganga cata ne niche nulle part ailleurs en France. Le Faucon crécerellette et l’Alouette calandre et l’Outarde canepetière y ont une part importante de leurs effectifs nationaux. De nombreuses autres espèces rares sont particulièrement abondantes en Crau : l’Oedicnème criard, le Rollier d’Europe, le Pipit rousseline, l’Alouette calandrelle et la Chevêche d’Athéna sont aussi des nicheurs remarquables. Le Pluvier guignard, le Faucon kobez ou le Milan royal sont fréquents en migration ou en hivernage. Près de 150 espèces d’oiseaux sont observables dans la Réserve Naturelle. Les six espèces présentées ci-dessous présentent un intérêt patrimonial majeur pour la Crau. Leur conservation est une priorité pour la réserve naturelle.

crauGanga femelle © S. Durand

Le Ganga cata (Pterocles alchata)

Le ganga est une espèce typique des steppes d’Afrique du Nord et de la péninsule ibérique. C’est un granivore, particulièrement bien adapté aux milieux xériques et au manque d’eau. Les adultes peuvent parcourir plusieurs dizaines de kilomètres à la recherche d’un point d’eau, et le mâle abreuve ses poussins grâce à l’eau retenue dans le plumage spécialement modifié de sa poitrine.

crauAlouette calandre © F. Dhermain

L'Alouette calandre (Melanocorypha calandra)

Cette grosse alouette est inféodée aux pelouses sub-steppiques du bassin méditerranéen, de climat sec et chaud. Au bord de l'extinction en France, sa répartition et ses effectifs se réduisent de façon alarmante. La plaine de la Crau concentre les ¾ des effectifs nicheurs français de l'espèce, et la population semble s'y maintenir entre 50 et 100 couples depuis une vingtaine d’années.

crauCouple de faucons crécerellettes © P. Pilard - LPO

Le faucon crécerellette (Falco naumanni)

Présent du mois de mars jusqu'au début du mois d'octobre. Après avoir frôlé l'extinction dans les années 80, la population est remontée à 125 couples aujourd'hui, grâce notamment à un programmeLIFE-Nature spécifique (1997-2001), puis à un un Plan national de restauration (depuis 2002), qui ont permis de mener des actions de conservation en Crau en sa faveur, comme la pose de nichoirs.

crauOutarde canepetière mâle chantant © S. Mercier

L'Outarde canepetière (Tetrax tetrax)

La population français d’outardes a connu un déclin de l’ordre de 80 % depuis les années 1970, et fait l’objet d’un plan national de restauration. En Crau, où ce déclin ne s'est pas fait ressentir, environ 600 mâles chanteurs sont recensés. En hiver, les coussouls accueillent la plus grosse population hivernante de France avec 1700 à 1800 oiseaux : des individus locaux mais aussi d'autres en provenance de populations périphériques (Costières du Gard, Berre, Pays d’Aix).

crauOedicnème criard © S. Mercier

L'Oedicnème criard (Burhinus oedicnemus)

Limicole aux mœurs crépusculaires et nocturnes, caractéristique des prairies sèches semi-naturelles de basse altitude, l'oedicnème est présent de mars à octobre, même si quelques cas d’hivernage sont signalés. Très commun en Crau, ses effectifs sont estimés à 800 couples. La France est avec le Portugal, et après la Russie et l’Espagne, l’un des rares pays d’Europe à accueillir encore des effectifs importants de cette espèce.

crau Alouette calandrelle © O. Peyre

L'Alouette calandrelle (Calandra brachydactyla)

Cette alouette, dont la population cravenne est estimée à 1000 couples, (30% de la population française), est assez commune dans le centre de la plaine mais rare ailleurs. Elle semble largement inféodée au coussoul, même si elle peut nicher dans des friches à proximité. Migratrice, elle est présente d'avril à fin septembre.