Le vrai village d’Astérix se cache-t-il au bout du GR34 ?
Marcher sur le GR34, c’est suivre le tracé exact de ce que les Anciens appelaient l’Armorique : le pays devant la mer. Or, dans l’imaginaire français, cette côte est occupée depuis 1959 par un petit village d’irréductibles Gaulois. À bien y regarder, votre trek s’achève peut-être à quelques kilomètres de l’adresse la plus célèbre de toute la Gaule.
Une côte gauloise avant l’heure
Quand René Goscinny et Albert Uderzo créent Astérix en 1959, dans les pages du journal Pilote, ils installent leur village en Armorique. La seule consigne de Goscinny à son dessinateur : le placer au bord de la mer, pour que les héros puissent embarquer vers de nouvelles aventures. Uderzo, qui connaissait bien la Bretagne, tenait son décor.
Le randonneur du sentier des Douaniers traverse précisément cette toile de fond : landes rases balayées par le vent, falaises de granit et, surtout, ces menhirs disséminés dans toute la région – le fonds de commerce d’un certain livreur de menhirs. Difficile de longer la Côte de Granit Rose sans penser aux gros rochers roses des albums.
Erquy, le suspect numéro un
Reste la question que les fans se posent depuis des décennies : où se cache vraiment le village ? Parmi les prétendants, un nom revient plus que les autres : Erquy, dans les Côtes-d’Armor, un peu plus à l’est de Saint-Brieuc sur ce même sentier des Douaniers. Les indices s’accumulent. Au large du cap d’Erquy se dressent trois îlots, les Trois Pierres, qui ressemblent furieusement à la petite loupe cartographiée en ouverture de chaque album. Et Uderzo avait un lien personnel avec le coin : il s’était réfugié à La Bouillie, à huit kilomètres de là, pour échapper au STO pendant la guerre.
Officiellement, l’auteur a toujours botté en touche : « Je ne me suis pas du tout inspiré d’Erquy, sinon je le dirais ! » Mais la légende raconte qu’il aurait confié en privé au maire de la commune, dans les années 1980, que les trois rochers de la fameuse loupe correspondaient bien à la Pointe des Trois Pierres. De quoi entretenir le mystère à chaque foulée.
Un irréductible de la pop culture
Au-delà de l’énigme bretonne, Astérix est l’un des piliers de la culture populaire française. Plus de quarante albums, la bande dessinée française la plus vendue au monde, une longue série d’adaptations au cinéma – en dessin animé comme en prises de vues réelles – et une ribambelle de jeux vidéo qui font vivre le village bien au-delà du papier. C’est un patrimoine sans cesse relancé, album après album et film après film, que les médias pop culture comme Geek Planet continuent de suivre de près.
Sur le sentier des Douaniers, vous croiserez sans doute plus de menhirs que de camps romains, et aucune marmite de potion magique. Mais entre une bolée de cidre et un fest-noz, l’esprit gaulois n’est jamais très loin. Et si, au terme de la dernière étape vers Saint-Brieuc, l’envie vous prend de pousser jusqu’au cap d’Erquy, jetez un œil aux trois rochers au large de la pointe : vous pourriez bien les reconnaître.